Le choc provoqué par la pandémie n’a épargné personne, mais les compagnies aériennes ont encaissé de plein fouet. Regardez Air Canada : son action, qui frôlait les 50 dollars début janvier, s’est effondrée à 10 dollars à peine en mars. Depuis, le titre a timidement repris quelques couleurs, mais la courbe reste largement à la traîne face à d’autres secteurs.
Graphique 1 : Stock d’Air Canada (symbole : AC) au cours de la dernière année
Source : Bloomberg
Avant que les avions puissent vraiment reprendre leur envol, il faudra que les Canadiens retrouvent confiance et se sentent en sécurité. Les prévisions les plus sombres tablent sur un retour à la normale seulement avec l’arrivée d’un vaccin. Pourtant, des percées technologiques récentes dans le dépistage du COVID-19 bouleversent la donne et ouvrent de nouvelles perspectives. Côté avancées concrètes, le site Travel Off Path rapporte :
- Un projet pilote inédit lancé à l’aéroport international de Calgary : la quarantaine obligatoire pourra être levée après des tests rapides du COVID-19.
- Le gouvernement fédéral et celui de l’Alberta annoncent ensemble un projet qui réduira drastiquement la période de quarantaine pour les voyageurs de retour, la faisant passer de 14 jours à environ 48 heures.
- Ce projet pilote doit débuter le 2 novembre 2020 à l’aéroport international de Calgary.
Si cette expérience s’avère concluante, la reprise du trafic aérien canadien pourrait bien s’accélérer de façon spectaculaire.
Évidemment, le doute subsiste. Beaucoup d’investisseurs hésitent à miser sur Air Canada tant que rien n’est acté. On comprend sans peine ces réticences, car la volatilité reste de mise.
Cela dit, il existe une manière de s’exposer à une possible hausse du titre Air Canada tout en limitant la casse en cas de coup dur.
Concrètement, l’investisseur peut opter pour l’achat d’options sur actions Air Canada.
Le guide de la Bourse de Montréal détaille cette approche. L’achat d’options, ou la position d’acheteur sur des options d’achat, fonctionne ainsi :
- En règle générale, la prise de position acheteur-achat ne réplique pas exactement les variations du titre, mais les modèles de tarification donnent souvent une estimation solide de l’impact d’une fluctuation de 1 dollar sur l’action. Il faut aussi savoir que le gain en pourcentage sur la prime peut s’avérer très élevé si le scénario anticipé se réalise.
- L’acheteur d’option qui vise la revente pour réaliser un profit cherche les moments opportuns pour liquider sa position : par exemple, une hausse rapide du titre ou une montée de la volatilité. Certains fixent des cibles précises, d’autres se fient à leur appréciation. Quoi qu’il en soit, le facteur temps ne pardonne pas : l’intégralité de la valeur doit être capturée avant l’échéance de l’option. Rater le bon timing, c’est voir la fenêtre se refermer.
Graphique 2 : Diagramme de la stratégie des options d’achat
Source : Stock de Montréal Échange
Un exemple : une option d’achat permettant d’acquérir Air Canada à 17 dollars, échéance 18 décembre 2020, se négocie à 1,75 dollar (prix relevé au 22 octobre 2020). En souscrivant cette option, l’investisseur obtient le droit, mais pas l’obligation, d’acheter l’action à 17 dollars jusqu’à la date prévue.
Supposons que le projet pilote tourne court et que l’action chute à 10 dollars : la perte de l’investisseur se limite alors à la prime de 1,75 dollar versée pour l’option.
| Décote sur l’action | 6,77 $ (Prix de l’action à 16,77 $, plancher à 10,00 $) |
| Coût de l’option d’achat | 1,75 $ |
| Perte totale | 1,75 $ (c’est la prime payée, rien de plus) |
À l’inverse, imaginons que le projet fasse ses preuves et que le titre s’envole vers 24 dollars d’ici décembre : le potentiel de gain devient alors très concret.
| Hausse de l’action | 7,00 $ (24,00 $, prix d’exercice de 17,00 $) |
| Prime de l’option d’achat à retirer | 1,75 $ |
| Gain total | 5,25 $ (7,00 $, 1,75 $) |
Dans une configuration où le titre sous-jacent reste incertain, miser sur une option d’achat plutôt que sur l’action elle-même constitue une alternative intéressante. Cette stratégie permet de circonscrire le risque tout en gardant la possibilité de tirer profit d’un retournement favorable du marché.
Avertissement
Les stratégies présentées ici ont une vocation pédagogique et informative. Elles ne constituent en aucun cas des conseils d’achat ou de vente de titres. Avant toute mise en œuvre, assurez-vous d’en comprendre les mécanismes et d’accepter les risques associés.
Se lancer dans l’achat d’actions ou d’options, c’est accepter d’avancer sur un terrain mouvant : à chacun de mesurer son appétit pour le risque et de surveiller les prochaines secousses du ciel canadien. La suite se jouera peut-être là où on ne l’attend pas.



