Revendre un bien acheté dans une résidence Pierre et Vacances pose une question mesurable : quel écart de prix sépare un appartement encore sous bail commercial d’un bien dont le bail est arrivé à échéance ? La réponse conditionne le calendrier de mise en vente, le choix du canal de commercialisation et, depuis la loi Le Meur de novembre 2024, la stratégie de sortie elle-même.
Décote à la revente Pierre et Vacances : bail en cours ou bail échu
Le marché secondaire des résidences gérées fonctionne avec deux profils d’acheteurs distincts. L’investisseur recherche un bien sous bail pour percevoir des loyers garantis dès la signature. L’acquéreur en résidence secondaire veut récupérer la jouissance libre du logement.
Ces deux demandes ne valorisent pas le bien de la même façon. Un appartement encore lié par un bail commercial Pierre et Vacances se négocie généralement avec une décote sensible par rapport au prix du marché local en jouissance libre. À l’inverse, un bien sorti du bail retrouve une valeur plus proche de celle d’un appartement classique dans la même station.
| Situation du bien | Profil acheteur | Effet sur le prix | Délai de vente estimé |
|---|---|---|---|
| Bail en cours, loyers garantis | Investisseur LMNP | Décote par rapport au marché libre | Plus long (marché de niche) |
| Bail arrivé à échéance, jouissance libre | Résidence secondaire ou locatif direct | Prix aligné sur le marché local | Variable selon l’emplacement |
| Bail en cours, renouvellement refusé (indemnité d’éviction réclamée) | Situation bloquée | Forte incertitude sur la valeur nette | Suspendu au contentieux |
Le bail commercial en cours réduit le bassin d’acheteurs potentiels, car il exclut tous ceux qui veulent occuper le logement. Le marché secondaire LMNP en résidence gérée reste peu liquide, sans plateforme centralisée, ce qui allonge les délais de transaction.

Indemnité d’éviction Pierre et Vacances : le piège juridique à anticiper
Refuser le renouvellement du bail commercial expose le propriétaire-bailleur à une demande d’indemnité d’éviction de la part de l’exploitant. Pierre et Vacances a durci sa position sur ce point dans plusieurs résidences, notamment aux Arcs 1950 et 1800, provoquant un contentieux collectif documenté par l’association Trois-A.
Une décision de la Cour d’appel de Chambéry du 1er avril 2025 a toutefois confirmé un principe utile : la renonciation à l’indemnité d’éviction est valable si elle est expresse et non équivoque, et formulée après la signature du bail. Les propriétaires dont le bail initial contient une telle clause disposent donc d’un levier juridique réel.
Vérifier les clauses avant toute démarche
Tous les baux ne comportent pas cette renonciation. Le contenu varie selon la résidence, la date de commercialisation et le type de bail (meublé ou murs nus). Un bail en murs nus semble poser moins de difficultés pour obtenir une résiliation sans indemnité, d’après les retours de propriétaires ayant finalisé leur sortie.
- Relire le bail d’origine et ses avenants pour identifier toute clause de renonciation à l’indemnité d’éviction
- Vérifier si Pierre et Vacances a notifié un changement de position sur l’indemnité dans votre résidence
- Consulter un avocat spécialisé en baux commerciaux avant d’envoyer le congé, surtout si le bail ne mentionne aucune renonciation
- Anticiper le calendrier : le congé doit respecter un préavis de six mois avant l’échéance triennale
Le coût d’un accompagnement juridique reste marginal comparé au montant d’une indemnité d’éviction, qui peut représenter une part significative de la valeur du bien.
Loi Le Meur et location saisonnière : ce qui change pour la sortie de bail en 2025
Beaucoup de propriétaires envisagent de quitter Pierre et Vacances pour louer leur bien en direct sur des plateformes comme Airbnb ou Booking. La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, modifie profondément cette option.
Un enregistrement national obligatoire avec numéro à 13 caractères conditionne désormais toute mise en location de meublé de tourisme. Sans ce numéro affiché sur l’annonce, la location est illicite.
Les contraintes ne s’arrêtent pas là. Les communes peuvent abaisser le plafond de location d’une résidence principale de 120 à 90 jours par an. Pour les résidences secondaires en zone tendue, un diagnostic de performance énergétique (DPE) conforme aux seuils minimaux est exigé dès 2025, avec un durcissement progressif prévu jusqu’en 2034.
Fiscalité LMNP moins avantageuse pour le meublé de tourisme
La loi Le Meur a aussi revu à la baisse les abattements fiscaux applicables aux meublés de tourisme non classés. Le régime micro-BIC devient moins favorable pour les locations saisonnières courte durée, ce qui réduit l’intérêt financier d’une exploitation en direct après sortie de bail.
Un propriétaire qui sort du bail Pierre et Vacances en 2025 doit donc comparer trois scénarios : revente immédiate, location longue durée classique, ou location saisonnière sous le nouveau cadre réglementaire. Le calcul dépend du DPE du bien, de la zone géographique et du régime fiscal choisi.

Revente LMNP en résidence de tourisme : préparer le bien pour le marché
La liquidité du marché secondaire LMNP en résidence gérée reste faible. Aucun agrégateur centralisé ne regroupe l’offre, contrairement à l’immobilier résidentiel classique. Le vendeur doit souvent combiner plusieurs canaux : agences spécialisées en revente LMNP, notaires locaux, et réseaux de propriétaires.
L’état du bien au moment de la restitution conditionne directement le prix de revente. Un état des lieux de sortie défavorable génère des frais de remise en état qui viennent diminuer le produit net de la vente. Pierre et Vacances fixe ce rendez-vous plusieurs mois avant la fin effective du bail.
- Faire réaliser un DPE récent, devenu critère de sélection pour les acheteurs et obligatoire pour toute future location touristique
- Rassembler l’historique des loyers perçus et les comptes-rendus de gestion pour un acheteur investisseur
- Obtenir un état des lieux contradictoire documenté avec photos pour éviter les litiges sur les travaux de remise en état
Un bien situé dans une station attractive avec un DPE correct se revend plus vite qu’un appartement énergivore dans une résidence vieillissante. L’emplacement reste le premier facteur de valorisation, devant le gestionnaire et le rendement locatif passé.
La sortie de bail Pierre et Vacances ne se résume pas à un simple congé. Entre la vérification des clauses d’indemnité, le nouveau cadre réglementaire de la loi Le Meur et la faible liquidité du marché LMNP, chaque mois de retard dans la préparation du dossier peut coûter en décote ou en frais juridiques. Les propriétaires qui anticipent ces trois paramètres simultanément obtiennent les meilleures conditions de sortie.

