Toujours plus d'accédants à la propriété chez les jeunes
Fin 2006, 30,2 % des ménages détenaient des crédits immobiliers. C'est un des taux les plus élevés depuis 10 ans, stable par rapport à l'an dernier (30,5 %). L'allongement de la durée des prêts (17,8 ans en 2006 contre 12,8 ans en 1993) ainsi que les conditions de crédit particulièrement attractives (taux moyens de 4,1 % en 2006) favorisent toujours le recours au crédit immobilier. Ainsi, 22,9 % des ménages sont endettés au titre de l'accession à la propriété, contre 21,8 % il y a 3 ans.
Mais surtout, 17,8 % des jeunes sont accédants à la propriété, soit le taux le plus élevé jamais observé (1 point en un an, et 4 points depuis 2000)." Les jeunes sont plus souvent locataires, car ils recherchent une localisation urbaine, généralement proche des grands équipements sociaux-culturels", explique Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université de paris 10 Nanterre. Mais l'augmentation des loyers les a conduit à arbitrer en faveur de l'achat, facilité par "l'ouverture du prêt à taux zéro à l'ancien sans travaux, les formules de crédit mieux adaptées dans la durée et en terme de conditions de remboursement", selon Michel Mouillart.
Moins de crédits de trésorerie
32,6 % des ménages détenaient des crédits de trésorerie l'an dernier (34,5 % en 2005). "Ce recul est réguliers depuis 5 à 6 ans et résulte notamment d'un moindre recours aux cartes de crédit ou des facilités de paiement obtenues directement auprès des vendeurs", précise Michel Mouillart. Mais là encore la situation est contrastée : "les prêts à la consommation délivrés par les banques ou organismes de crédits ont, eux, continué à progresser légèrement".
Pour 55,6 % des ménages qui ont recours au crédit de trésorerie, il s'agit de financer l'achat d'une automobile ou d'une moto. Cet usage est particulièrement marqué chez les ménages de moins de 30 ans (67,5 %). 29,5 % des ménages recourant au crédit de trésorerie ont pour objectif de financer un bien d'équipement de la maison, et 4,9 % d'entre eux de financer un loisir. Ces utilisations concernent respectivement 27,9 % et 3,9 % des jeunes ménages.
Les ménages vivent mieux les charges liées à leur crédit
En 2006, les ménages estiment que leur situation financière ne se dégrade plus, mais se stabilise. C'est le cas pour 51,4 % d'entre eux (5 points en un an). Parallèlement, l'appréciation portée par les ménages sur le poids de leurs charges de remboursement se stabilise, voire s'améliore lentement. Ils sont plus nombreux (52,9 %) à trouver que les charges sont supportables ou très supportables (1,5 point en un an).
L'appréciation que portent les ménages sur le poids de leurs charges de remboursement s explique autant par le coût du crédit que par l'évolution de l'environnement économique général : les ménages ont en effet un comportement rationnel, et leur sentiment varie dans les mêmes termes que des indicateurs comme le taux de chômage.
Un certain attentisme en raison de l'élection présidentielle
Les ménages devraient réduire leur recours au crédit à l'avenir. En effet en 2006, 4,9 % des ménages déclaraient avoir l'intention d'obtenir un crédit immobilier dans les six mois contre 6 % fin 2005. Ils étaient 4,5 % à envisager un crédit de trésorerie contre 4,8 % l'année précédente. "Les ménages sont devenus des calculateurs avisés. Ils ont compris que s'ils attendaient quelques mois, ils pourraient profiter de dispositifs fiscaux nouveaux et notamment de l'éventuel allègement de l'impôt sur le revenu défendu par certain canditats", conclut Michel Mouillart.
Source : lesechos.fr
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